texte écrit par Gilles Laurent
Avant 1940, une campagne presque en autarcie.
Gausson comptait 1600 habitants en 1914, 1160 en 1940, environ 600 actuellement. C'était un village très actif : 3 scieries, 10 bistrots dans le bourg, 4 autres dans les villages (hameaux : La Jubinière, deux à La Chapelle, Bossiguel), 3 maréchaux-ferrants (dont une famille très pauvre), 3 charrons...
A l'époque le menuisier allait chercher son arbre en forêt et faisait tout sur place. Les charrons concevaient les roues en bois : moyeu en chêne, rayons en acacia, jante en orme (ainsi que les brancards) , - 27 - chaque bois ayant ses propriétés... Le maréchal-ferrant posait le cerclage en acier (posé à chaud et calculé avec 3 à 6 cm de moins pour serrage au refroidissement), battait les socs de charrue, ferrait les chevaux (tous les 3 mois sur route, tous les 6 mois dans les champs mais avec repose d'un fer d'occasion au bout de 3 mois pour s'adapter à la pousse du sabot... )... L'un des maréchaux-ferrants, Pierre Moy, avait son atelier à l'entrée du bourg juste en face de la route arrivant du Breil. Emile y fit plusieurs « stages » comme on dirait aujourd'hui. Ses prix étaient un peu plus bas. Le syndicat des artisans faisait pression contre lui, et refusait qu'on lui vende des matières premières. Il partit en Allemagne où il acheta des stocks pour 10 ans. La guerre arrivant, les pénuries de matières premières lui ont permis de vendre son stock bien plus cher à des kilomètres à la ronde ! Il est malheureusement mort lors du renversement de son tracteur dans une courbe (il faisait aussi des travaux à la demande dans différentes fermes aux débuts de la mécanisation).
En 1930, premier de ses souvenirs, Émile avait été impressionné par... l'agrandissement des fenêtres d'une maison du bourg : « Pourquoi ils démolissent leur maison ? »
Avant 1940 les seuls téléphones à Gausson étaient chez le notaire, la mairie, et deux vendeurs d'animaux. Pour téléphoner il fallait donc se rendre au bourg, trouver (voire réveiller) quelqu'un, passer par une standardiste à Plouguenast, puis à Loudéac, puis à St Brieuc, ce qui était très lent. En 1960 « on a eu l'automatique » … ce qui a simplement supprimé la standardiste de Plouguenast...
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