Réponse de l’abbé Le Dolédec, le 24 mars 1926
Monsieur le Maire,
J’ai reçu votre lettre où vous me traitez de voleur puisque vous me parlez de restitution. Je garde cette lettre comme un précieux document.
Je ne comprends absolument pas ce que vous voulez me dire.
C’est par votre lettre que j’apprends le nom de M. Simon, antiquaire à Saint Brieuc.
Je n’ai jamais rien volé, pas même les quelques citations dont j’ai été l’objet pour fait de guerre.
D’autre part, comme depuis le 24 octobre 1924, jour de mon arrivée à Gausson, j’ai toujours gardé les clefs de ma classe, je serais curieux de savoir à quelle date, par quels moyens et par ordre de qui, soit vous ou vos agents ou ceux de M. le sous-préfet de Loudéac, avez pu pénétrer dans ma classe (propriété privée) pour inventorier ce qui s’y trouve et ce qui ne s’y trouve pas ?
Croyez, je vous prie, à tout mon respect.
Louis Le Dolédec, prêtre
Une défense qui crée le doute :
Il prétend ne pas connaître l’antiquaire de St Brieuc alors que, dans la lettre du 5 février, le maire écrit qu’il lui a confié avoir vendu 2 statues brisées à ce commerçant…
Ensuite, « ma classe est un lieu privé….. » On sait bien qu’une classe est par nature un lieu d’accueil et de passage. ..
Reste à prouver les faits.
Lettre du maire au sous-préfet le 25 mars 1926
En réponse à votre lettre du 18 courant, j’ai l’honneur de vous faire connaître que j’ai invité Monsieur Le Dolédec, vicaire, à restituer les objets qui auraient été vendus comme vous le disiez.
Je vous transmets la réponse qu’il m’a faite. Je ne sais point si ceux qui prétendent que ces faits se sont produits seraient à même de le prouver, en tout cas, vous voyez qu’il n’est pas disposé à les reconnaître. Pour ma part, je ne peux rien certifier dans cette affaire.
Agréez , Monsieur le Sous-Préfet……
le maire François Laurent
Epilogue
Lettre du Sous-Préfet au procureur de la République
En vous faisant retour du dossier ci-inclus, je crois devoir vous indiquer qu’à mon avis, il y aurait lieu de donner à cette affaire la suite régulière qu’elle comporte, parce qu’il m’apparaît tout d’abord –toute question préjudiciable à part- que des objets ont été vendus qui avaient appartenu à l’église.
Ensuite qu’il y a intérêt à faire entendre à l’instruction, et sous la foi du serment, M. Le Dolédec, vicaire-instituteur à Gausson, et le confronter avec M. Simon Yves, antiquaire.
J’attache une importance à cette affaire, parce qu’il s’agit du patrimoine d’une commune dont nous sommes les responsables.
Le Sous-préfet
Le dossier ne contient pas d’autres pièces…
A vous de juger !