Péronnelle de la Villéon tenta à plusieurs reprises de contester l’arrêt de 1708, jusqu’à sa mort en 1729 à l’âge de 81 ans. Son petit-fils César en fit de même en 1731, sans succès.
Ce n’est qu’en 1764 que Perrine-Marie-Catherine de Coëtlogon, épouse de Gilles de Carné, obtint gain de cause.
31 août 1764
Par devant les notaires du Duché de Penthièvre, reçus au siège de Lamballe y établis et demeurant,
Furent présents Sébastien Noël Marion avocat au Parlement intendant en Bretagne de son Altesse Sérénissime Monseigneur le Duc de Penthièvre, et nommé par lettres patentes du Roi directeur de la réformation du dit duché, demeurant au château de Lamballe d’une part, et d’une autre, dame Perrine Marie Catherine de Coëtlogon, comtesse de Carné, fille et héritière principale et Noble de Messire César*, marquis de Coëtlogon, fils et héritier de dame Péronnelle de la Villéon, demeurant en son château de Coëtlogon, paroisse de Plumieux, évêché de St Brieuc, entre laquelle il a été reconnu en premier lieu que la dame de la Villéon, autorisée de Messire Jean du Parc de Kercadou, son second mari, rendit aveu à ce duché le 21 mars 1703, contrôlé le même jour des terres, juridictions, prééminences, seigneuries et autres dépendances de Kercarantel, du Cran, de la Ville es Rio et des Tracouëts, qu’elle possédait aux trèves et paroisses de Gausson, Ploeuc, Plémy et Plouguenast, sous le membre de Moncontour.
En second lieu que cet aveu fut blâmé par le sieur Plancher, directeur alors de la Réformation et que Monsieur du Parc de Kercadou, peu intéressé à conserver les droits de la dame de la Villéon, sa seconde femme, n’ayant pas défendu ces aveux, la dite dame de la Villéon fut par sentence du 31 juillet 1708 déboutée de la meilleure partie des domaines, prééminences, fiefs, juridictions et autres droits contenus en cet aveu.
En troisième lieu que la dame de la Villéon se pourvut contre cette sentence par requête de 23 juin 1709, mais que son décès en ayant empêché le jugement, le Marquis de Coëtlogon son fils repris l’instance et obtint de son altesse sérénissime Monseigneur le comte de Toulouse, les délais propres à empêcher toute péremption ou fin de non-recevoir.
En quatrième lieu, la dame de Carné, désirant à son tour la fin de cette affaire, a eu l’honneur de se pourvoir, vers son altesse sérénissime le Duc de Penthièvre, qui, en prince plein de justice, à bien voulu l’admettre à produire de nouveau et lui faire ouvrir les archives de son duché où ayant trouvé des inféodations, pour faire les preuves qui lui manquaient. Elle les a attachés avec quelques autres titres qui avaient échappé à l’incendie de son château de Coëtlogon, à la requête qu’elle a présentée à Monsieur des Noé des Fossés, commissaire de la Réformation où elle a conclu à être rétablie dans les mouvances et droits dont la dame de la Villéon, son aïeule avait été déboutée.
Enfin qu’il incombera au sieur directeur actuel de répondre à cette requête et de donner sur chaque chef, les contestations ou les consentements qu’il verrait, mais que cela ne pourrait se faire sans beaucoup de frais qui ne sont pas nécessaires pour rendre à la dame de Carné la justice qui lui est due, après un examen de plusieurs jours, aussi exact que réfléchi, le sieur directeur et la dame de Carné voulant terminer définitivement et sans retour…
Jugement
Terre et seigneurie de Kercarantel, trève de Gausson, paroisse de Ploeuc
Article premier
En conséquence de l’aveu trouvé aux archives et rendu au duché par le seigneur des Déserts, le 15 janvier 1555, de l’hommage de Messire François de la Villéon du 16 juin 1583 folio 800 du registre d’hommage et minus présenté et reçu en la juridiction de Moncontour le 11 juillet 1634
La dame de Carné est rétablie et maintenue dans le manoir, cour, jardins, chapelle, et colombier de Kercarantel, prairies, étang, pourpris, chênaies, avenues, rabines, bois de décoration et en taillis, landes de Kercarantel et de Gausson, dîmes et moulins du manoir et bâtiments et terres qui forment les métairies de la Porte, des Clôtures et du bourg de Gausson ainsi que le tout est détaillé au sus-dit aveu depuis la page 2 recto à la page 8 verso, de 458 journaux trois quart et dans le droit d’afféager les dites choses avec rétention d’obéissance en se conformant à la coutume de cette province.
Elle est maintenue dans la mouvance et féodalité de la tenue :
- des Carro à Cargo
- des Valo
- de Moisan au moulin dolo
- de Grosset à la Ville es Gicquiaux
- des champs hervé
- de Bourienne
- de Chauvel à la Chapelle
- des Blandiaux, Bréban et clos costard
- des Grand et des Dieulangard , des Choupault, des Boschier de la Débrairie
- du pré de la Chaussée
- de Lingouet
- de Jean Radenac, des Ecobichon, de François Launay dans un coin du village du Chauchix
- de Michel David, des Salmon de l’épine
- de Gourdel, Dieulangard et Olivier Berthelot
- d’Alain Angers, de Mathurin Duval de la Belle Fontaine, de Maurice Laurent, de Jean Despoulains, de Jean Le Floch
- des Lanoë (achetée par une cadette de la Ville es rio)
- de Mathurin Rault
- de la haiche au breil et de René Rault du Vaucorbin
- de Guillaume Rebours du Vaucorbin, du pré du Bas-bourg, du clos d’à bas, du champ glaume acquises par les propriétaires de la seigneurie du Questel (aveu de Pierre Roullé le 26 juin 1583)
- de Mathurin Lenormand et Louis Le bas
- de Vincent Rolland et Philippe du Pré
Elle est déboutée de la tenue de
- de Raisy (noté Raisin) et du Chauchix
Suivent les terres de Ploeuc (dont la tenue de la seigneurie de Ploeuc) et de Plémy
Le 2 vendémiaire an III (23/9/1794), les biens de Gillette de Carné, (fille de Perrine de Coëtlogon) veuve de Plessix Grenadan, exilée, ex-noble, sont proposés à la Vente des Biens Nationaux.
*selon le dictionnaire de la noblesse, César était le petit-fils et non le fils de Péronnelle de la Villéon
