L'étude des registres paroissiaux nous permet de connaître les coutumes de nos ancêtres.
Défunte Mathurine Raoult, fille d’Olivier, âgée d’environ 12 jours, a été enterrée dans l’église de Gausson, le second jour d’avril 1659 par Julien Raoult du bourg de Gausson, de son autorité, et aidé de Julien Marqué et Françoise Beaujouan, femme du dit Raoult, à environ 3 à 5 heures du matin, sans permission du curé ni autres prêtres.
Gilles Choupault
Pourquoi cet enterrement aux aurores, sans autorisation du curé ni «autres prêtres» ? …. et sans avoir reçu les derniers sacrements…. Mathurine, 12 jours n’avait pas encore été baptisée (pas d’acte de baptême). Dans certains registres, on peut voir que certains parents négligents, tardaient parfois à emmener leur enfant sur les fonts baptismaux. La formule rituelle était : « né de ce jour » ou « né d’hier », mais il arrivait parfois qu’on trouve «né de vieux», ce qui ne signifie pas que les parents étaient âgés mais bien que l’enfant était né depuis assez longtemps. Ces parents prenaient un gros risque car, selon la religion catholique, si l’enfant mourait (ce qui était courant), il était privé de l’entrée au royaume des cieux et condamné à errer dans les limbes.
L’aurait-on enterrée en cachette du curé pour éviter des représailles ?
2ème hypothèse : L’enfant aurait-elle été victime de la peste, terrible maladie qui dévastait nos campagnes. L’inhumation avait lieu aussitôt pour éviter la contagion, la cérémonie religieuse était succincte (voire inexistante). Mais dans ce cas, le curé n’aurait pas été tenu à l’écart….

