Transcription de la lettre de l'inspecteur de Loudéac
Loudéac le 22 février 1875
Monsieur l’Inspecteur d’Académie
J’appelle votre attention sur mon rapport de l’école de garçons de Gausson. C’est une pitié que ce jeune instituteur et il convient de demander un nouveau frère dans une commune si importante car on ne peut laisser végéter une aussi nombreuse jeunesse.
Le Maire dit qu’on a promis un nouveau frère quand la maison d’école serait construite. Que ne l’envoie-t-on pas plutôt de suite ? Mais je crois que ce n’est qu’un prétexte pour attendre inutilement et en même temps faire souffrir beaucoup.
En passant à Uzel, je suis allé voir Mme Beaujouan, pauvre jeune veuve. Qu’elle est à plaindre ! Ce qui brille n’est pas or.
Elle a dû quitter la maison où vous l’avez vue pour occuper un logement moindre. Son mobilier n’est même pas monté, dans l’attente qu’elle est, de jour en jour, d’un bureau de tabac. Oh ! quel cœur déchiré ! Quel courage il faut à cette femme pour vivre encore. Je compte aller un de ces jours à Uzel pour voir M. le Maire, pour procéder, d’accord avec lui, à la répartition du traitement de 1874, question qui semble embrouillée, et pour laquelle je ne voudrais pas que la pauvre veuve fut lésée. D’après l’article 13 de la loi du 9 juin 1853, sur la pension civile, Mme Beaujouan me semble avoir droit au tiers de la pension qu’aurait eue son mari en cas de mise à la retraite. Veuillez bien examiner ce point et donner des ordres express.
Recevez, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, l’expression de mon respect et de mon dévouement.
Signé : l’inspecteur de Loudéac