Gausson
Loudéac le 7 octobre 1891
Monsieur l’Inspecteur d’Académie
J’ai vu dimanche M. Le Gac, instituteur à Gausson. Je l’ai interrogé au sujet des paroles que le journal l’Indépendance, dans son numéro du 2 octobre, prête au crieur public chargé d’annoncer la rentrée des classes. M. Le Gac reconnait que le dit journal a été bien informé : il regrette vivement cette affaire. Seulement, il affirme que c’est le crieur (lequel n’a ni tambour, ni trompette) qui, de de son propre mouvement et sans doute pour faire du zèle, avait ajouté ces mots, les seuls qui prêtent à critique : « pendant la classe ».
Chose curieuse, c’est depuis cet appel public à la confiance des familles que des élèves se sont présentés à son école, il doit en avoir 14 depuis lundi.
Désormais, il montrera toute la prudence nécessaire tout en continuant à lutter avec zèle et à détruire, dans ses entretiens avec les familles, le mauvais effet produit par les paroles malveillantes et mensongères des dignes pasteurs de la localité, car à Gausson, comme ailleurs, on ne ménage pas notre enseignement laïc. Vous pourrez en juger par la communication ci-jointe que M. Le Gac m’a faite le 1er octobre.
En résumé, la situation est la suivante. Autrefois, on nous combattait parce que nous ne nous occupions plus de faire apprendre le mot à mot du catéchisme, et maintenant que, dans l’intérêt des familles et des enfants, nous voulons bien nous plier aux exigences des recteurs et les seconder dans la préparation du catéchisme, ils nous attaquent plus violemment que jamais.
Le catéchisme qu’on enseigne dans les écoles laïques est, disent-ils, le catéchisme du diable, il n’y a de bon que celui des très chers frères. Quelle comédie ! Et comme ces gens-là font bien tout ce qu’il faut pour perdre la confiance des honnêtes gens pour comprendre la religion.
Veuillez agréer….
Monsieur l’Inspecteur primaire
J. Bréville
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