Très intéressantes, les notices communales écrites par les instituteurs des Côtes du Nord!
(à consulter sur Archives 22, archives en ligne, notices communales)
http://sallevirtuelle.cotesdarmor.fr/NC/ncx/connexion.aspx
Voilà ce qu'écrivent les instituteurs de Moncontour, Laurenan, La Harmoye et Uzel sur la mobilisation du 1er août 1914. Hélas, l'instituteur de Gausson n'a pas envoyé sa copie!
Moncontour
En juillet 1914, le retour précipité de Russie du président de la République, faisait présager des complications internationales extrêmement graves. Le 1er août à Moncontour, on apprend l’ordre de mobilisation générale. Les cloches l’annoncent, celles des communes avoisinantes se mêlent aux nôtres.
Le moment est solennel. La nouvelle est connue avec calme, mais aussi un grand patriotisme. Le soir, il y eut retraite et tous les partis se confondirent et marchèrent main dans la main.
Devant le danger, l’union fut complète. On chanta la Marseillaise, tête nue, le clergé était présent.
Laurenan : La mobilisation s’est effectuée dans la commune au milieu d’un enthousiasme patriotique indescriptible. Chaque mobilisé attendait avec impatience son départ pour l’armée. Chaque famille était heureuse et fière de fournir des défenseurs à la patrie. A ce compte, aucune défaillance.
L'Hermitag : La déclaration de guerre a consterné les habitants, les esprits n’y étaient nullement préparés.
Le départ des mobilisés se fit sans enthousiasme : la plupart partaient avec cette tristesse résignée propre au Breton mais où la colère bouillonnait déjà, et, dans la dernière poignée de main, dans le dernier regard, on sentait cette énergie farouche d’hommes qui feront payer chère leur vie.
Uzel : La mobilisation s’est effectuée avec calme. Chacun partait au jour désigné, sans cris, sans pleurs.
Moncontour : Dès le lendemain, 2 août, le départ des mobilisés commença avec beaucoup de méthode, et un grand esprit patriotique présida aux départs successifs. Il y eut des scènes bien poignantes. Bien des femmes se montrèrent vraiment courageuses, toutefois, des vides effrayants étaient creusés et hélas, plus d’un ne s’est jamais comblé.