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La fête de Saint Nicolas à Gausson vers 1820

Publié le 12 Octobre 2014 par Michèle Harzo

Autrefois, une messe était dite chaque dimanche, à la Chapelle, par un des 3 prêtres de la paroisse. Le jour du pardon Saint Nicolas, on y disait la messe du matin, la grand-messe et les vêpres.
Depuis quelques années, on n’ouvre plus la Chapelle que pour le pardon qui se déroule tous les ans, le dimanche qui suit le 9 mai.

Le Pardon de Saint Nicolas était une grande fête très fréquentée par de nombreux fidèles mais aussi … par tous les ivrognes des environs. Outre les cabarets du village, 10 à 12 cabarets du dehors venaient s’installer dans les ruelles. On a vu débiter plus de 24 barriques de cidre. Dès la veille, on commençait à boire et on buvait … jusqu’à ce que les tonneaux soient vides. La fête durait parfois jusqu’au mercredi. On y dansait aussi des danses « audacieuses ».

Ces abus ayant été signalés à l’Evêque, voici la lettre qu’il fit envoyer au recteur de Gausson par l’intermédiaire de son grand vicaire, M. Le Maître.

Saint Brieuc, le 25 avril 1829

Monsieur le Recteur,

Monsieur l’Evêque est on ne peut plus affligé des abus qui ont lieu à l’occasion d’une assemblée qui se tient dans votre paroisse, le dimanche qui suit le 9 mai chaque année. Quoi qu’il en soit, Sa Grandeur vous autorise encore à faire l’office dans la Chapelle où se tient le dit pardon, à condition qu’il n’y ait aucun cabaret étranger au hameau. Prévenez-en vos paroissiens afin qu’ils ne s’attendent pas à y trouver la messe ni les vêpres, s’il s’y trouve des cabarets de ce genre. Vous suivrez la même règle les années suivantes.
Si les mêmes abus se renouvellent, je crois que Monsieur le Maire et l’adjoint de votre commune pourraient aisément apporter remède. Veuillez leur faire part des dispositions de cette lettre. Si vous constatez qu’on y vend du cidre de cette manière, souvenez-vous que nous défendons de faire office dans cette chapelle.
Je suis avec un respectueux dévouement, Monsieur le Recteur, votre très humble et très obéissant serviteur. Le Maître, vicaire génér
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Bulletin paroissial de 1929

La première année où cette défense fut faite, il n’y eut pas d’office à St Nicolas, parce qu’il y eut un ou 2 cabarets étrangers au village. Ceux-là furent dupés de leur malice car ils furent obligés de remmener leur cidre, n’ayant pu en vendre qu’une petite quantité. La seconde année, il y eut office, on se souvint de l’exemple de l’année précédente. La troisième année, on dut encore s’abstenir d’aller à la Chapelle, parce qu’il se trouva encore un imprudent qui y amena une charretée de cidre qu’il ne vendit point. Depuis ce temps-là, personne n’a osé aller contre la défense, et toujours l’assemblée s’est bien passée. Désormais, tout cabaret amené des villages ou hameaux voisins, empêche la célébration des offices à pareil jour. Les gens de l’endroit assistent bien aux offices. Quelques-uns, après vêpres, boivent une bouteille avec leurs amis, puis s’en vont tranquillement. Le grand nombre ne s’arrête pas du tout. Il y a ordinairement, 2 ou 3 maisons où l’on vend à boire, mais ce n’est, pour l’ordinaire, qu’à ceux qui ont besoin. Quand le temps est beau, il s’y rend beaucoup de monde des paroisses voisines, mais comme il y a peu de boissons, il ne s’y passe pas de désordre.
Les offrandes faites à la Chapelle en ce jour ne se montent chaque année qu’à 20 F. L’usage est de partir de l’église à 9h15, pour se rendre processionnellement à la chapelle en chantant le « miserere ». La grand-messe commence à 10 h, les vêpres à 15h, suivies d’une procession autour de la Chapelle et dans le village où l’on chante les litanies de la Sainte Vierge, et qui se termine à la Chapelle.

Les courses de St Nicolas

Pour animer ce jour de fête, des courses ont été organisées vers 1930.

On pouvait participer au cyclo-cross ou à la course de lenteur et même parfois à la course à la bague (à cheval, il fallait décrocher un anneau suspendu). Abandonnée pendant quelques années, la course de Saint -Nicolas a été reprise par le foyer des jeunes dans les années 1990. Elle est de nouveau tombée en désuétude.

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