Lettre d’un prêtre du diocèse qui combat sur le front depuis plusieurs mois.
Nous devions partir aujourd’hui de…. Et nous sommes toujours là. Je viens de visiter une paroisse située à un kilomètre et qui a été bombardée. L’église est brûlée et l’aspect du bourg est d’une tristesse infinie.
J’étais avec mon confrère le Père X… et un autre ami. Avant notre départ, le Père l’a échappé belle. Il se trouvait près d’un feu de campagne sur lequel chauffait du café et il causait tranquillement avec son brigadier et un soldat lorsqu’un obus a éclaté au-dessus de leurs têtes, un énorme éclat est tombé au-milieu d’eux, a enlevé la marmite, le café, les quarts … mais ne leur a fait aucun mal.
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Hier, nous avons été relativement tranquilles. Aujourd’hui, les Boches sont enragés.
Nous avons été repérés par un avion allemand et maintenant, ils s’en donnent à cœur joie. Jusqu’ici il n’y a que des chevaux blessés, ce n’est rien….
Nous ignorons ce que nous allons devenir. En réalité, nous avons bien rempli notre rôle et rendu un réel service en maintenant une position où nous étions seuls au début. Ma seule batterie a tiré 5000 obus ou autres : c’est bien pour du 90.
Reviendrons-nous au feu ? Les officiers le croient. Mais je pense que si nous sommes carrément victorieux dans cette bataille, notre présence ne sera plus indispensable et notre rôle actif sera terminé. Mais ce n’est qu’une opinion et la mienne a peu de poids…