Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
gausson.histoire.overblog.com

Découvrez le livre qui relate l'histoire de la commune de Gausson (22).

La barbarie , encore et toujours...

Publié le 10 Janvier 2015 par Michèle Harzo

Prenons conscience que les événements que nous venons de vivre ces derniers jours (attentats contre Charlie Hebdo et contre l'Hypercacher), étaient le quotidien des soldats de la première guerre mondiale.
Quand serons-nous débarrassés de cette barbarie?

Voilà donc la suite des transcriptions de la Voix de Gausson de 1915

7 février 1915

Lettre d’un ambulancier

Hier, nous avons eu de la neige vers les huit heures, aussi, je glaçais à ma table, dans un local sans feu évidemment. Pourtant, jusqu’ici, je n’ai pas à me plaindre, je n’ai guère souffert qu’un peu du froid aux pieds, ça ne compte pas. Pendant quelque temps même, nous avons été favorisés, nous n’avons pas eu de pluie, ce qui est important pour nous tous.

Vous me demandez si nous sommes des infirmiers ambulants. Je crois bien, avec nos six roulottes, nous avons fait dans les mois d’août et de septembre, plus de 600 kilomètres. Si ce n’est pas se déplacer cela, je ne m’y connais plus. Si vous voyiez mes pieds, il serait facile de vous convaincre. Je me demande parfois si l’on ne pourrait pas me ferrer. Je marche sans souliers ni chaussettes, aussi, il m’est poussé une véritable corne, d’une épaisseur extraordinaire. Malheureusement, depuis quelque temps, l’ennemi ne veut pas s’en aller et depuis bon nombre de semaines, nous végétons sur place. Il nous amuse pourtant mais d’une drôle de façon. Il y a huit jours, il nous tuait à trois kilomètres d’ici, notre médecin divisionnaire à cinq galons, médecin-chef de l’hôpital de V. en son vivant et cinq hommes dont un ancien gardien de la paix. C.. qui se trouvait aux côtés des accusés dans l’affaire des bandits Bonnot et Cie. J’ai descendu son cadavre de la voiture.

Samedi, les Allemands bombardaient le village voisin et nous avons pu voir les colonnes de fumée noire qui s’élevaient après chaque explosion. Cela se passait à un kilomètre et demi de notre cantonnement. Nous pourrions recevoir leurs « marmites » s’il leur prenait la fantaisie de nous en jeter. Heureusement, nous sommes entourés de nombreuses collines, c’est notre grande protection, après celle du Bon Dieu et de la sainte Vierge.

Par ailleurs, tout va bien, au moins en temps de guerre. Je ne puis me plaindre, il y a beaucoup plus malheureux que moi. Toutes les nuits, j’ai un abri, un lit de paille dans une écurie. Tout le monde n’a pas cela encore…

Publicité
Publicité
Commenter cet article
Publicité