Lettre de M. Nivet, vicaire à Gausson
Demain, il nous faudra boucler nos sacs, et jeudi, redescendre dans les tranchées ou mieux dans les mares. Depuis 6 semaines, nous jouissons d’un temps affreux. Jour et nuit, nous pataugeons dans l’eau et la boue, souvent jusqu’à la ceinture. Heureusement que le bon Dieu donne des grâces d’état. Il y a peu de malades, somme toute. A pareille époque, l’an dernier, nous étions à R…. Ce fut dans la sacristie de la communauté, transformée comme le reste en cantonnement, que je fis la rénovation de mes promesses cléricales. Cette année, plus heureux, je les ferai devant le tabernacle.
Par ici, c’est la guerre qui continue. A chaque période de tranchées, sur les bords de X… nous laissons quelques-uns des nôtres. Un de vos compatriotes, un nommé…. est du nombre. D’autres plus heureux s’en viennent mourir dans l’ambulance et peuvent encore se revoir avant de rendre l’âme.
Quel bonheur pour eux et quelle consolation pour leur famille. Au point de vue santé, tous les Gaussonnais vont bien.