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Voix de Gausson : 13 juin 1915 - tout va bien, seulement 4 morts et une douzaine de blessés!

Publié le 1 Mars 2015 par Michèle Harzo

Voix de Gausson : 13 juin 1915 - tout va bien, seulement 4 morts et une douzaine de blessés!
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La vie au front

Je suis aux tranchées depuis lundi. Je suis resté trois jours en première ligne. Nous n’avons pas été trop éprouvés ; une douzaine de blessés seulement et quatre morts. Il est vrai que nous n’avons eu aucune attaque. Les Boches nous réservaient d’autres émotions. Ils avaient miné nos postes d’écoute et les ont fait sauter. Un poste d’écoute, c’est un boyau de tranchée qui s’avance vers la tranchée ennemie. Les postes d’écoute allemands et les nôtres sont souvent à trois ou quatre mètres seulement les uns des autres. Il y en a ici qui ne sont séparés que par un barrage de sacs de terre. C’est là qu’un caporal et deux hommes écoutent et veillent, reçoivent et lancent les premières bombes en cas d’attaque. Les Boches creusent la terre sous le poste, établissent des fourneaux et font sauter la mine. Une mine en sautant fait un entonnoir. Ce sont ces entonnoirs ainsi creusés que l’ennemi essaye toujours d’occuper au moment où l’on est encore sous l’émotion de la secousse. Les entonnoirs sont plus ou moins grands, cela dépend de la quantité de poudre employée. Dans les plus petits, on logerait facilement l’école de Gausson. Au moment où la mine éclate, la terre, les bois, et aussi les hommes sautent à 40 ou 50 mètres en l’air et des débris viennent tomber à 100 mètres de là. C’est un vrai tremblement de terre qui se produit : les tranchées s’affaissent, la terre fuit, les pétards, les bombes, les canons, la fusillade se mettent de la partie. C’est une véritable vie d’enfer. Ici, nous n’avons à craindre que les obus. Ils tombent tout près. En vous écrivant, je suis à chaque instant obligé de mettre ma tête à l’abri des éclats. Ce n’est rien. Je ne m’en fais nullement…

Tout à la volonté du bon Dieu.

J…… caporal

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