Rappel historique : après avoir transformé toutes les paroisses en communes, les responsables réfléchissent à supprimer les communes qui se situent à moins d’une lieue (entre 4 et 5 km) d’une autre. (déjà)
Plouguenast et Plessala demandent la suppression de la commune de Langast.
Voilà la défense des habitants :
La conservation de l’église du territoire paroissial de Langast est l’objet de la présente.
En vous adressant cette humble pétition, la Municipalité vous apporte Messieurs, le vœu des citoyens de tout âge, tout sexe, de toute sorte qu’elle représente.
La première patrie pour nous, c’est le lieu où nous sommes nés, à la vie et à la religion, où sont déposés les restes de nos pères, dont le souvenir vertueux est une leçon que nous désirons transmettre comme un des plus avantageux lieux des mœurs et du civisme, par le respect filial qui en est la base, par l’attachement à nos habitudes, nos propriétés, nos cultures, nos convenances locales qui les nourrissent, par notre surveillance respective et en l’administration qui les éclairent et les soutiennent.
Une consternation générale s’est répandue sur la paroisse de Langast, au bruit qui s’est accrédité que son nom allait être rayé de la liste des communes qui composent le département et le diocèse. Que notre paroisse et notre église, l’une des premières du pays, et qui devrait être la première du canton, allaient être effacées du territoire, et tomber avec le lieu consacré par la sépulture de nos aïeux dans le commerce des propriétés particulières.
On nous avait déjà fait subir une première injustice en nous dépouillant par provision, comme on le disait dérisoirement, de l’avantage que les convenances locales nous assuraient : celui de chef-lieu de canton. Nous vous dénonçâmes, Messieurs, cette contravention et l’esprit qui devait déterminer la circonscription des Etablissements partiels. Cette espèce d’injure, qui tenait au mépris ou à l’oubli de la combinaison des avantages attendus et promis, n’était pas votre ouvrage. Nous en attendions le redressement de votre bienveillance éclairée et paternelle. Notre confiance n’est pas éteinte mais nous sommes tombés dans une amertume profonde en apprenant qu’un premier tort deviendrait peut-être la source d’un second, bien plus important, bien plus douloureux pour nous, bien plus préjudiciable au canton, bien plus mal vu sous ses différents rapports. C’est ce qui résulterait du projet d’envahissement que quelques habitants de Plouguenast doivent avoir conçu et dont ils font circuler la nouvelle.
Nous ne pensons pas, Messieurs, que vous puissiez donner aucun ordre ni que vous puissiez exiger ni espérer de nous aucun consentement, de nous enlever tous les avantages religieux, civils, politiques et naturels que notre position nous assure et dont nos voisins peuvent recueillir le bénéfice. Nous ne craignons pas de le dire. Il n’y a qu’une rivalité jalouse, essentiellement opposée à la chose publique, ou n’y cherchant que son intérêt personnel au préjudice et à l’oppression des autres membres de la même commune, qui puisse avoir conçu ce plan et qui ose le promouvoir. Nous vous le démontrerons, Messieurs, lorsque votre sagesse viendra prendre ses hauteurs dans l’inspection du local. Vous ne manquerez pas ce moyen d’instruction, et nous ne ferons qu’indiquer quelques-uns des moyens que nous vous prierons de recueillir et de vérifier en preuve de cette assertion, que nous consignons ici, et qui est, que de quelles manières que vous prononciez sur la circonscription des paroisses, le résultat des combinaisons respectives à faire sur le local. Pour les paroissiens, ce sera que celle de Langast subsiste.
Le noyau de cette paroisse est déjà le point central pour celles de Plessala et de Plouguenast. Ce point central désigné et assigné par la nature même des lieux, s’est acquis une considération nouvelle par l’habitude de la fréquentation qui attire un marché considérable, établi le mardi de chaque semaine et plusieurs foires en différentes saisons de l’année. Les établissements pour les rassemblements extraordinaires sont tous très commodes et ne pourraient se former dans les bourgs voisins, faute d’espaces libres. Ils entraineraient d’ailleurs une dépense double et grèveraient de plus d’une manière plusieurs halles, rues, conciergerie. Des terrains libres et avantageux pour les foires, une église spacieuse et dans le meilleur état, des logements pour les fonctionnaires publics et religieux….
Si notre bourg est voisin de celui de Plouguenast, c’est que celui est à l’une des extrémités de son territoire et que le nôtre va presqu’au pignon de cette église. Mais s’il est resserré de ce côté, son étendue n’en va pas moins au sud et au nord, à des distances circonférentielles de 2500 à 4000 toises.
Vous prendrez, Messieurs, une idée de la composition de notre paroisse dans les détails de la délibération de la municipalité du 27 mars dont la copie est ci-jointe et nous espérons que vous vous porterez à éloigner la prescription dont on nous menace et à nous faire rendre la justice que nous réclamons. Ce sera un nouveau titre à notre reconnaissance pour votre administration, à nos vœux pour vos personnes
Ont signé : Y. Durochay, maire, B Hervé, J Ruello, P Basset (conseillers municipaux) … etc
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