18 mai 1792
Menacée de disparaître elle-aussi par la fusion de communes de l'époque, la paroisse de Saint-Hervé défend son église : une façon de revendiquer la proximité des services !
Messieurs
Si malheureusement notre église n’était pas conservée succursale, il arriverait que plusieurs citoyens abandonneraient ce terrain ingrat et dénaturé par son sol, que plusieurs enfants périraient en attendant le baptême, d’autres qui mourraient sans sacrement. Il est donc intéressant pour les peuples de se rapprocher de leurs origines et de leur conserver leur église.
Combien de dépenses pour nos concitoyens s’il fallait porter leurs enfants se faire baptiser à Uzel, surtout dans le mauvais temps d’hiver. Il en serait de même pour les enterrements.
Ce serait le plus grand mal qu’il puisse arriver aux habitants de Saint Hervé d’être privés de leur succursale après avoir donné des preuves de leur civisme pour le soutien de la constitution. Il est donc qu’à désirer, tant pour nous que pour nos frères d’Uzel, que notre église soit conservée telle qu’elle l’a été jusqu’à ce jour depuis environ deux siècles.
Finalement, nous prions nos Messieurs administrateurs du Conseil Général du Département des Côtes du Nord, de bien vouloir prendre en considération et peser dans leur sagesse nos observations que nous croyons justes, les priant de bien vouloir y faire droit.
Saint Hervé le 14 mai 1792, l’an quatrième de la liberté.
Toute la commune occupée de l’impôt foncier et mobilier depuis longtemps, ayant à cœur de payer son contingent, demande que St Hervé soit conservée succursale.
ont signé
Le Bel, maire Jean Boudet, « municipal », Jean Le Pêcheur, officier municipal, Robert Rouaux, François Pereux, notables, Mathurin Baleine, notable, René Ollivaut, notable et beaucoup d’autres

