La phrase du discours de Marylène, le jour de la remise de la médaille des Justes à Alexandre Dubos, en a fait sursauter plus d’un… 300 réfugiés à Gausson en 1940 !
J’ai donc fait quelques recherches.
Madame Le Ray, notre centenaire, se souvient, que la Mairie avait fait mettre quelques lits dans un des bâtiments de leur ferme qui leur servait de débarras. Selon elle, quelques personnes les ont occupés mais elles sont restées peu de temps. Il n’y en aurait eu tout au plus 40 sur la commune.
Aux archives, j’ai trouvé divers documents. (Arch 22 5 W 85)
Dès le 4 septembre 1939, le Préfet demande aux communes d’établir un plan d’hébergement pour les réfugiés du Nord, en recensement les bâtiments des fermes susceptibles de les accueillir ou en faisant construire des baraques Adrian (pouvant recevoir 100 personnes).
On peut voir qu’on prévoit, en effet, 300 personnes à héberger à Gausson.
En avril 1940, ce chiffre est revu à la baisse : il n’est plus que de 200 personnes venant de la ville de Fourmies dans le Nord.
Un employé de la Préfecture visite les différentes communes et note l’avancée des préparatifs.
On lit :
Il faudrait une baraque de 100 (elle est commandée, l’autorisation est donnée, elle va être construite bientôt… 6 semaines) et 100 places dans les locaux vacants (mais il note qu’il n’y en a pas chez l’habitant). Il faudrait 100 châlits qui doivent arriver avec la baraque…
Il reproche au Maire de ne pas avoir tenu à jour le recensement des immeubles.
Il constate qu’il y a 200 couvertures, et 100 paillasses non bourrées dans une des salles de la mairie.
Les 4 poêles doivent arriver…
Il n’y a pas de matériel de cuisine (fourneaux, ustensiles) pas de matériel de toilette, pas de cantine prévue ni de salle d’accueil.
La fiche manuscrite sur Gausson montre les réticences du Maire à engager des travaux. On lit : (dernière ligne)
Le Maire semble peu décidé à faire quelque chose.
Dans la note générale, le Préfet constate toutefois que, dans de nombreux endroits, il y a de grosses difficultés à trouver de la main-d’œuvre pour réparer les bâtiments.
L’accueil à Plouguenast semble plus conséquent. Les baraques Adrian étaient installées près de la gare. Ont-elles servi de salle des fêtes après la guerre ?
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