Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
gausson.histoire.overblog.com

Découvrez le livre qui relate l'histoire de la commune de Gausson (22).

Cérémonie des Justes

Publié le 15 Octobre 2018 par Michèle Harzo

La cérémonie des Justes parmi les Nations, qui s'est déroulée le dimanche 14 octobre, était très émouvante.

De nombreux Gaussonnais se sont déplacés pour rendre un hommage à Alexandre Dubos, Thérèse Rochard- Durandet,  la famille Loncle-Philippe et tous ceux qui ont aidé la famille Rubin à traverser l’épreuve de la guerre en toute sécurité.

Un représentant de Yad Vashem et un diplomate israélien ont rappelé les horreurs de cette période et la fuite désespérée des familles juives devant la tyrannie nazie.
Ils ont remis la médaille des Justes aux petits enfants d’Alexandre Dubos.

Simon Rubin a évoqué, avec humour, ses souvenirs d’enfance gaussonnaise. Il aurait gardé, de son passage à l’école Saint Nicolas  « une certaine sensibilité au bout des doigts ». Il a offert un bouquet de fleurs à Nicole, fille de Thérèse, en remerciement de l’accueil qu’ils ont reçu dans la maison de Cargo.

 

Marylène Oréal a écrit un texte qui retrace la vie quotidienne des Gaussonnais pendant l’Occupation. Le voici :

 

Chercher à connaître le passé, c’est mieux comprendre le présent pour appréhender l’avenir.

Gausson, petit village rural, a connu, comme tant d’autres, des moments de joies mais aussi d’épreuves.

La dernière guerre ne l’a pas épargné. Depuis la sonnerie du tocsin le 3 septembre 1939, annonçant la déclaration de guerre, la vie a été rude et difficile.

Le départ des hommes, en pleine saison des battages, a laissé un grand vide dans toutes les maisons. La vie s’est organisée autour des femmes et des enfants, qui étaient souvent obligés de quitter l’école pour travailler à la ferme. Heureusement, il y avait de l’entraide.

 Les activités étaient perturbées par la pénurie de denrées qui se faisait sentir de plus en plus, surtout pendant la période d’occupation à partir de juin 40 jusqu’à l’été 44. Le souci de trouver à manger, à s’habiller, à s’éclairer, s’ajoutait à l’angoisse de rester sans nouvelles de ses proches.

Six  Gaussonnais périront dans les combats, tandis que trente-cinq autres passeront de nombreuses années en captivité .

L’insécurité et la peur s’installaient, surtout quand les patrouilles d’Allemands commencèrent à arriver. Ils venaient jusque dans les maisons pour chercher de la nourriture. Ils réquisitionnaient de la main-d’œuvre locale pour la construction de leurs baraquements, comme au camp Mathilde à Rozan en forêt de Lorge, dépôt de munitions. Les gens les voyaient passer à la Jubinière avec leurs motos, chars, mitrailleuses, pour aller en manœuvre sur le tertre de Branlée ou ailleurs.

Angoisse, appréhension, méfiance, délation, traumatismes, rationnement alimentaire, couvre-feu, liberté de circulation restreinte, braconnage, marché noir, ont envahi peu à peu l’existence quotidienne.

 « Notre jeunesse a été gâchée », diront certains.

Mais tout cela n’empêchait pas la population de garder le sens de l’accueil, de la solidarité.

En juin 1940, on dénombrait 300 réfugiés à Gausson*. En 1944, on accueillait  des réfugiés de l’île de Groix … logés dans des structures communales ou chez l’habitant.

Les enfants étaient accueillis dans des classes surchargées.

Les informations arrivaient par bribes. Les gens se rassemblaient autour des rares postes TSF pour écouter les nouvelles.

Suite à l’instauration du STO en février 43, la Résistance s’est organisée.

Ainsi, la population, se sentant soutenue, commençait peu à peu à retrouver le moral.

La Libération et le retour des prisonniers furent l’occasion de fêtes et réjouissances, comme la kermesse qui eut lieu au village de la Cour.

Nos parents, qui ont traversé dignement ces périodes douloureuses, nous ont montré que le courage ne s’enseigne pas, il vient d’un sursaut du cœur.

* AD 22 5W85 - L' Etat avait demandé aux communes de prévoir des structures pour accueillir les réfugiés du Nord de la France qui avaient dû quitter leur maison devant les combats. 200 habitants de Fourmies dans le Nord étaient prévus à Gausson mais les baraquements n'avaient pas été construits pour les accueillir. Il semble qu'il y en ait eu très peu.

Publicité
Publicité
Commenter cet article
Publicité