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Découvrez le livre qui relate l'histoire de la commune de Gausson (22).

Juste parmi les Nations

Publié le 9 Octobre 2018 par Michèle Harzo

Le dimanche 14 octobre, une cérémonie exceptionnelle va se dérouler à Gausson.

Le porte-parole près de l’ambassade d’Israël, Shimon Mercer Wood, va décerner, à titre posthume, la médaille et le diplôme de « Juste parmi les Nations » à Alexandre Dubos (maire de Gausson de 1941 à 1944) pour avoir sauvé Fanny Rubin et ses enfants Rachel et Simon, de la barbarie nazie.

 

Il leur avait fourni des faux-papiers.

Le temps de son séjour à Gausson, Fanny est alors devenue Fernande Rubin, née à Bayeux, ville dont les archives administratives avaient été détruites. La famille était hébergée dans la maison de Thérèse Rochard (Durandet) à Cargo.

 

Voilà l’histoire :

Thérèse Rio était mariée avec Jean Baptiste Rochard. Ils vivaient à Paris. Ils venaient d’acheter une maison à Cargo, près de la maison familiale des Rochard. Hélas, Jean Baptiste meurt à la guerre en 1940.

Il travaillait à la RATP (métro) à Paris. A son décès, la RATP propose un poste à Thérèse. Elle continue  donc à habiter Paris mais elle doit confier sa fille (Nicole) à son frère à Cargo. C’est cette dernière qui m’a raconté les faits.

 

La belle-soeur de Thérèse, Victorine Rochard, habitait dans le même immeuble que la famille Rubin. Fanny Rubin y vivait seule avec ses enfants, depuis que son mari, Jacques, engagé volontaire dans l’armée française, avait été fait prisonnier sur le front de l’est en 1940. Il avait été envoyé dans un stalag en Prusse orientale.

Quand les rafles de juifs ont commencé, Fanny a pris peur. Victorine a demandé à Thérèse de prêter sa maison de Cargo. Celle-ci a accepté.

Mme Rubin s’est donc installée à Gausson en 1941 avec ses deux enfants. Elle était couturière, elle a fait de nombreux travaux de couture pour les Gaussonnais.

Pour ne pas attirer l’attention, Alexandre Dubos (maire) lui a donc fait des faux-papiers.

Rachel était inscrite à l’Ecole Sainte Thérèse, Simon à l’école Saint Nicolas.

Jacques Rubin était dans le même stalag qu’Henri Fourchon (lui aussi de Cargo). Cela permettait de lui faire parvenir des colis de nourriture, sans éveiller l'attention.

Mme Rubin s’est liée d’amitié avec Renée Loncle (qui épousera plus tard Félix Philippe). Ils ont conservé ces liens après la guerre.

La famille a donc vécu paisiblement jusqu’en 1946.

Jacques Rubin est rentré de captivité, diminué par la maladie mais vivant. La famille est retournée vivre à Paris puis ils sont partis en Israël. Quelques membres de la famille Philippe sont allés là-bas leur rendre visite.

 

Simon revient de temps en temps en France. Nous l’avions rencontré en 2015, lorsque nous avions ouvert la chapelle Saint Nicolas, pour les journées du patrimoine.

Il garde un souvenir ému de ces années passées à Gausson. Il tient à honorer toutes les personnes qui les ont aidés dans cette période difficile, en particulier Alexandre Dubos, qui a fait des faux-papiers, Thérèse Durandet (Rochard) qui a accepté de les héberger dans sa maison et tous les Gaussonnais qui se sont tus et qui les ont intégrés dans leur communauté.

 

 

Critères de choix pour l’obtention du titre de Juste parmi les nations

Depuis 1963, une « commission d'hommage » présidée par un Juge de la Cour suprême d’Israël a été créée pour décerner le titre de « Juste parmi les nations ».

La commission respecte des critères précis et s’appuie sur une documentation méthodique reposant principalement sur les témoignages directs. Les dossiers permettant d’établir la reconnaissance d’un Juste doivent établir, avec plusieurs témoignages concordants, des faits probants tels que :

  • le fait d’avoir apporté une aide dans des situations où les Juifs étaient impuissants et menacés de mort ou de déportation vers les camps de concentration ;
  • le fait d’avoir été conscient qu’en apportant cette aide, le sauveteur risquait sa vie, sa sécurité ou sa liberté personnelle, les nazis considérant l’assistance aux Juifs comme un crime ;
  • le fait de n’avoir recherché aucune récompense ou compensation matérielle en contrepartie de l’aide apportée.
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